Bonsoir les amis,
Je voulais partager une idée d’amplificateur single-ended sur laquelle je travaille depuis quelque temps.
Fichier(s) joint(s):
SE 12AU7&KT120.jpg
Le projet mélange plusieurs techniques souvent utilisées séparément, mais rarement ensemble:
a) étage de sortie KT120 en pentode pur
b) correction différentielle avec amplificateur d’erreur à JFET 2SK170
c) feedback de Schade
d) feedback positif en courant entre cathode finale et cathode driver
Après beaucoup de simulations et d’optimisations, les résultats sont franchement impressionnants : très faible distorsion, excellente stabilité, impédance de sortie contrôlée sans écraser la dynamique, et surtout une signature harmonique qui reste très “tube” malgré le niveau de correction élevé.
L’étage de puissance utilise une KT120 montée en pentode pur, alimentée à 430V, avec transformateur de sortie classique single-ended avec 3k Raa. Le driver est une demi-12AU7.
La particularité vient du fait que plusieurs boucles de correction travaillent simultanément mais sur des domaines différents :
Schade local plate-to-grid, correction différentielle, feedback positif en courant via les cathodes.
L’objectif n’était pas seulement de réduire le THD, mais surtout de modeler le comportement dynamique de l’étage de sortie:
Le Schade est appliqué depuis l’anode de la KT120 vers la l'anode de la 12AU7.
Cela permet la linéarisation du pentode, réduction massive de H3, amélioration de l’amortissement, extension de bande passante. Mais contrairement à une contre-réaction globale classique, le Schade garde une sensation de rapidité et de naturel très intéressante.
Dans cette configuration, il agit presque comme une “triode synthétique réglable”.
On peut choisir précisément le compromis: facteur d’amortissement, spectre harmonique, gain, comportement transitoire.
Le feedback positif en courant cathode-à-cathode c’est probablement la partie la plus intéressante.
Le cathode de la KT120 est relié au cathode de la 12AU7 par un réseau résistif soigneusement dosé.
Ce feedback est positif en courant, mais local et contrôlé. L’idée est la suivante: quand le courant plaque de la KT120 augmente, la tension cathode varie et vient moduler dynamiquement le point de fonctionnement du driver, en obtenant: compensation partielle de la résistance interne du tube de puissance, réduction de l’impédance de sortie “naturelle”, augmentation de la micro-dynamique, sensation de courant plus libre, réduction du caractère “freiné” que peuvent avoir certains montages fortement contre-réactionnés.
En pratique, cela agit un peu comme une forme de “bootstrapping dynamique” appliqué à la chaîne driver + puissance.
Le plus surprenant est que la stabilité reste excellente si: le gain de boucle est raisonnable, les constantes de temps sont séparées intelligemment, le Schade est correctement dimensionné.
La correction différentielle compare le signal d’entrée et le signal réel présent en sortie secondaire.
La différence est amplifiée puis réinjectée directement dans la cathode du driver avec l’amplificateur d’erreur est un 2SK170.
Pourquoi ce choix ? Parce que le 2SK170 possède: très faible bruit, très forte transconductance, comportement extrêmement linéaire à faible signal, excellente stabilité thermique, capacité à travailler de manière très “analogique” sans caractère agressif.
Le JFET est directement connecté à la cathode de la 12AU7, sans étage intermédiaire. Cela réduit énormément: le retard de phase, les problèmes de compensation, les risques d’oscillation.
Le point important est que chaque boucle travaille sur un domaine différent:
Schade linéarisation tension
Feedback cathodique positif comportement courant / Zout
Différentiel correction erreur résiduelle
Les boucles ne se battent pas entre elles, au contraire, elles se complètent.
Le Schade réduit déjà énormément la non-linéarité du pentode, ce qui diminue le travail de la correction différentielle.
Ensuite, le feedback positif en courant “redonne de la vie” et évite la sensation parfois trop amortie des amplificateurs ultra-corrigés.
Les simulations montrent: stabilité parfaite même sur charges complexes, très faible THD, H2 dominante, H3 fortement réduite
décroissance harmonique régulière, excellente réponse impulsionnelle, très faible overshoot, facteur d’amortissement élevé.
Sur le papier, on obtient une combinaison assez rare: texture harmonique du triode, contrôle du grave proche d’un push-pull, fluidité du single-ended, rapidité transitoire très élevée, faible sensation de compression dynamique.
Je serais très intéressé d’avoir vos avis, surtout concernant: le dosage optimal du feedback positif cathodique, les constantes de compensation Schade, l’impact subjectif du ratio H2/H3 sur ce type d’architecture, les expériences similaires avec correction différentielle sur amplis SE.
Merci à tous,
Roberto